BATRACIEN

Ce ne fut pas un prince charmant...

 

MARECAGE (poème de fin du Monde)

 

Je me suis perdue dans ce satané cloaque

Tombée un jour par hasard dans les nénuphars

Je suis l’héritière de cette eau en flaque

Qui brille à la nuit, dans la lumière des phares.

 

Comment suis –je arrivée dans cette sombre mare ?

L’amnésie batracienne qui ici me frappe !

J’étais sur la barque qui rompit son amarre,

Augurant d’une vie passant là à la trappe.

 

Dans un beau courage imbécile j’ai bondi

Tombant dans le bas fossé guignant le canal.

Il ne restait ici que vase et eau croupie,

Froissant le clair de lune, chimère d’opale.

 

Mare et cage ! Voici donc ma belle prison !

Les roseaux sont barreaux interdisant la fuite.

Et le héron cendré, chante mon oraison

Avant que d’un geste, il ne me décapite.

 

J’entends là-bas au loin avec désespérance

L’émouvant concert des grenouilles au bel étang.

Il me faudra certainement de la chance

Car je ne dispose que de bien peu de temps.

 

Mais je sauterai haut, me risquant à la nuit

Evitant le trop long bec et la mâle Mort.

Je repars de ce marécage tant maudit

Pour trouver ailleurs sans doute un meilleur sort…

 

Pierre-Jean BARANGER – Décembre 2012 – Tous droits réservés.

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