billets politiquement incorrects

 date de mise à jour : 03/02/2011

 Bonjour !

Je ne sais pas vous, mais moi... Je fréquente un lieu de perdition... l'endroit où je prends mon sandwich du mardi... Allez, un petit mouvement d'humeur joyeuse, c'est toujours un mouvement d'humeur, n'est ce pas ?

L'autre jour, tout en attendant mon en-cas de midi, je laissais mon odorat divaguer tout au long des odeurs de pain chaud. Rien de tel, pour vous réconforter avec les frimas de l'au dehors ! J'ai toujours aimé ces instants, ces courts moments où les parfums amènent les sourires sur la figure de la plupart des entrants. Si vous ajoutez à cela le visage avenant de la boulangère, vous retrouvez un goût de Daudet, un plaisir du bien manger à venir.

Le pain, sur notre table, fait partie des habitudes, des gestes coutumiers. Nous n'y attachons, parfois, plus assez d'importance. C'est le premier aliment, et non pas un simple pousse-plat ou nettoyeur de sauce. Mon plus grand bonheur, c'est le matin. Imaginez une odeur de café frais et de chocolat chaud, se mêlant à celle du pain frais, craquant à souhait, et sur lequel la confiture s'étale mollement, en prenant toute la place disponible. Un plaisir de gourmet, une croûte qui se brise sous vos dents, livrant à votre palais la mie, encore un peu chaude. De quoi vous amener, sans coup férir, jusqu'au milieu de la journée.

Mais revenons à cet étal de boulanger. L'attente est aussi un instant de partage. Le partage avec celle qui vous vend votre pain ou votre sandwich, qui vous parle du temps qu'il fait, ou vous demande de vos nouvelles. Echanges ; voilà aussi le secret, ce petit plus qui vous amène, sinon à revenir, du moins à une addition de petits plaisirs, qui vous font trouver l'air plus chaud, en sortant dans la rue grise, en ce jour brumeux. Le soleil est juste derrière les nuages, et il ne tardera pas à sortir.

Je vous souhaite une très bonne journée. Je reviendrai chercher mon pain demain.

 

Bonjour !

Je ne sais pas vous, mais moi...je n'ai jamais vu un banquier pauvre...

Rassurez-vous, je n'ai rien contre cette profession, honorable au demeurant ! Mais en écoutant ma radio, comme tous les pékins qui déjeunent le matin, se lavent les dents, ou s'éveillent tranquillement, j'ai senti mon sang se mettre à bouillir, lorsque le journaliste de F.I. a asséné, d'une voix tranquille, le montant des "bonus" donnés aux personnels travaillant dans le secteur bancaire. Il est vrai que "secteur bancaire", c'est une analogie assez vague de ce monde que l'on dit "de la finance", mais bon ! Comme beaucoup d'entre vous, je mets mes précieux billets et piécettes dans un coffre, devant lequel se tient un homme (ou une femme) charmant, bien propre sur lui, le sourire avenant. Et nous déversons, chaque mois, des millions d'Euros dans leurs caisses. Après, l'affaire est complexe et ne me regarde que de loin, juste quand je demande combien d'intérêts mon petit livret "A" va produire. A ce moment, d'un air entendu et à la limite de la conspiration, le chargé de clientèle me glisse, au creux de l'oreille, un : "1,25 %" ! Enorme ! Mais lorsque je calcule ce que cela fait en Euros, je tombe de ma branche, comme le fromage du corbeau devant le renard : 12.50 Euros pour 1000 Euros d'économisés, en me privant de sorties et de Ciné, comme disait Ferrat. De quoi vivre comme un pape en Avignon ! Alors que j'entends dire à F.I. que le bonus moyen est de 210 000 Euros pour un an ! J'ai sans doute mal compris. Mais bon, ce n'est pas le sujet..

Revenons à l'idée qui me préoccupe : vous le savez, tout augmente, sauf nos revenus ! Chacun le sait : lorsque l'on dispose de 10 Euros en plus, c'est pour en donner 12,50 pour honorer les différentes taxes... Alors libéral, sans aucun doute, mais capitaliste... j'ai dû me tromper de chemin ! Pas grave, de toute façon, ce n'est pas mon trip. Mais tout de même... Ce qui m'agace, c'est de voir fleurir les agences bancaires, sous prétexte de proximité, à la place de la petite épicerie du coin, du marchand de journaux ou de la droguerie... On ne va pas manger du papier de la Banque de France, serait-il coté en bourse, tout de même ! Je vois ici, le signe précurseur d'un grand bouleversement, où la Société de consommation va mourir d'une indigestion, vomissant des produits toxiques, s'étouffant avec des titres de remboursement de la Dette... Et nous dans tout ça ? Je veux dire l'Humain ? Où se trouve-t-il ? Vit-on mieux avec de quoi tenir les 2500 prochaines années, avec un capital de 7 milliards d'Euros ? Ou de Dollars ? Ou de n'importe quoi ?

Bah ! Après tout, le soleil brille encore, et des idéalistes croient dur comme fer, dans le renouveau des idées sur lesquelles nous basons notre existence...

 

 

Je ne sais pas vous, mais moi... 

Hier soir, j'ai vécu une soirée géniale ! Il faut que je vous explique : Je décide d'aller voir un film deZabou Breitman, intitulé "NO ET MOI". Arrivé devant la caissière souriante, je constate qu'il ne reste que 64 places ! Dépéchons-nous donc... En fait, la salle fait 70 places. 70 places de sièges déglingués, d'un inconfort notoire, on a vraiment l'impression, que le gérant des "grands cinés" veut nous mettre en condition. Tout le temps est-il que la quinzaine de spectateurs vont goûter un moment fort. Car c'est un film fort. Pas de ceux qui regroupent 800 personnes comme le gentil sorcier qui oeuvrent pour que des Woldemorts du porte monnaie en accumulent encore plus, non, un film qui nous parle de deux filles paumées, chacune en leur domaine, qui vont chercher, plus ou moins, à trouver un semblant d'équilibre. Rencontre de deux jeunes dans un milieu relativement aisé, et d'une gamine de 19 ans, Nora. Elle est SDF. Pas facile de traiter un tel sujet, mais c'est réalisé avec beaucoup de tact, évoquant des misères, sans jamais vraiment les montrer à l'écran. Je vous le conseille. Vraiment ! En ces périodes de Noël, dans la débauche d'une société de consommation qui meure d'indigestion, voici que l'on peut avoir un regard neuf, loin d'être naïf sur ce monde des "invisibles". Le film parle d'une réalité, de limites, de possibles et d'infaisables. J'en suis sorti différent. Alors, dépéchez-vous, si cela vous tente. Ce n'est qu'un petit film pas très politiquement correct, que l'on oubliera vite. Simplement parce qu'il parle de choses qui, parfois, nous gêne ou nous indiffère.

Après tout, le soleil brille pour tous, en logement ou dans la rue. Mais le regard des autres... il y aurait tant à dire.... 

 

 

Bonjour !

"Comment peut-on se réaliser en humiliant ou en écrasant les autres ?" La première réponse qui vous viendra, sans doute, du moins je l'espère, est "non, définitivement non" ! Pourtant, combien la réalité peut devenir différente... Entre dire ce que l'on veut, et donner le temps d'une tâche bien accomplie, devient, aujourd'hui, symbole de lenteur donc d'incapacité. Les artisans d'autrefois, caressant la patine patiente d'un meuble ou d'une oeuvre d'art, n'ont plus de place dans notre époque. Mais, quels sont donc ces êtres, qui, au prétexte d'une quelconque responsabilité, deviennent des tyrans, ou des lâches, asservissant les trublions, les sous-fifres, les nommant "collaborateurs", doux euphémisme au parfum de Vichy... Il y aurait, sans aucun doute, mieux à faire, mais cela demande un peu d'humanité et donc, n'est pas donné à tout le monde. Nous pouvons nous poser légitimement la question de savoir comment nous serions à leur place. Je n'arrive pas à croire que je devienne ce que j'exècre. Que restera-t-il, comme souvenir de ceux-là, lorsqu'ils seront partis ?

Après tout, les naïfs sont des rêveurs et, même s'ils font rire d'eux, c'est de leur façon d'être que peut encore venir une autre façon de voir les choses... Avec beaucoup moins d'hypocrisie, moins de méchanceté, moins d'expression des blessures, comme si de clouer au pilori les larbins, aidait à s'accomplir et à oublier les névroses secrètes d'existences déficientes... Freud a encore beaucoup de travail...

Je vous salue bien, après tout, le soleil brille encore...

 

Bonjour !

Je ne sais pas vous mais moi... Je n'aime pas la question rituelle, que l'on pose dans les dîners ou ailleurs : "Qu'est ce que vous faites, dans la vie ?" C'est le type d'interrogation que je m'efforce de ne pas poser, dans les premières minutes d'une relation naissante. Je préfère demander à la personne se trouvant devant moi, ce qu'elle aime, ce qu'elle n'aime pas, ses pôles d'intérêts, si elle est contemplative ou active... Je ne sais quoi, encore.

"Que faites vous dans la vie ?" La réponse viendra, bien sûr, tôt ou tard. Mais demander cela, c'est déjà commencer à poser une étiquette généraliste sur les épaules du tiers. Est-il avocat, notaire, artiste de cinéma ? Est-il ouvrier à la chaîne, caissière, chômeur (pardon : à la recherche d'un emploi) ? De toute façon, je ne sais pas vous, mais moi, j'aurais toujours envie de le cataloguer en fonction de cette réponse... Me ressemble-t-il ? Est-elle "de mon monde" ? Est-ce que je vais l'envier, être jaloux ou admiratif de son rôle dans la société active d'aujourd'hui ? Alors qu'il y a, certainement, autre chose à connaître en lui...

"Que faites-vous dans la vie ?" Alors, je réponds : "je ne suis que..." Certains regards s'éloignent, se posent au-delà du sommet de votre crâne, comme si, déjà, l'attention de votre interlocuteur se fixait sur quelqu'un de plus à sa convenance. D'autres, à l'inverse, se fixent sur vous, fascinateurs, ou édulcorés, cherchant déjà à vous dire ce que EUX, sont. Et puis, il en est d'autres, qui ne vous poseront jamais cette question, ou alors de façon très délicate. Car, pour eux, l'important est ailleurs.

"Que faites-vous dans la vie ?" Je ne sais pas vous mais moi... Moi ? Je vis. Ou du moins, j'essaye, du mieux que je peux. Je regarde les autres, je contemple, je ris. J'aime l'Art classique, je n'aime pas l'Art Contemporain, mais j'accepte, néanmoins, de le découvrir et de l'adopter, parfois. Je n'aime pas les idées arrêtées, les jugements, les imbéciles, dont je fais parfois partie. J'aime les couchers et les levers de soleil, la joie qui illumine les yeux, les sourires. Je n'aime pas la détresse, l'égoïsme, les certitudes. J'ai des regrets, des espoirs, des envies, des déraisons, des forces, des faiblesses, des énergies puissantes, des abattements dérangeants. En fait, je devrais répondre simplement : "Ce que je fais dans la vie ? J'essaye de savoir qui je suis, fils de la République de Platon. Je fais, sans doute, partie du genre humain."

 

Je vous souhaite une excellente journée. Après tout, le soleil vit encore…

 

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