CAPTURE


Lourd est le nuage.
Lourd de ces milliards de gouttes d’eau,
Lourd de ses noirceurs humides.
Lourd à en crever.

La lumière aveugle.
Et soudain l’éclair qui brise, qui transforme
Les rubans gris s’étirent vers le sol
Comme des essaims transparents,
... Milliards de gouttes multiples
Frissonnant de cette brutale libération.
La liberté s’évade.

Immobile, il attend.
Le lac est un miroir aux alouettes
Qui attend les évadées ivres d’espace et de vide.
Chacune se précipite, se fracasse sur la poussière
Mais lui, il attend.

Et voici que soudain il ouvre le béant, capture à tour de bras.
Chaque goutte impacte la surface lisse, émaillant le miroir
Comme des plis soudains. Le bruissement éclabousse
Les reflets qui grimacent sous les chocs répétés.
Puis, plus rien.

L’orage s’éloigne ronflant d’obscures rancœurs
Et le lac retrouve sa platitude immobile
Le vent l’abandonne, à peine plus qu’un ris
Qui fait souvenir de la fusion, de la capture
De ces milliards qui ont cru à la liberté.
De nouveau il s’étend en étang,
Et attend…
La prochaine capture…

Pierre-Jean BARANGER - Janvier 2013 – Tous droits réservés

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