GENS D'ARMES

PAR TERRE !

  Ils t’ont jeté à bas, tu es couvert de boue.  

Comme une marionnette, un pantin sans ficelle.  

Ton habit est sali. Mais remets-toi debout  

Et emprisonne enfin celle qui t’ensorcelle.  

 

Tu étais vraiment beau, avec ton manteau rouge  

Tu croyais leur parole, et leur célébrité.

 Mais tu apprends ici que même la rue bouge  

Que les barricades peuvent aussi t’arrêter.  

 

Personne ne t’a dit que l’ordre était inique,  

Que la faim commandait tous ces traîne-misère,  

Que même si leurs cris restent pathétiques  

Il n’est pas d’autre issue. Hélas ils désespèrent.  

 

Tu t’es dressé contre eux, mon si beau gendarme.  

Tu écoute le roi et toute sa tribu.  

Tu ne sais qu’en mourant, ne tombent pas les armes  

La troupe charge encore et brisent les vaincus.

 

Et sera la statue, pleurant tous ces enfants.  

Qui dit que la révolte avait bien ses raisons.  

On fera un parterre, on sonne de l’olifant  

Et les puissants oublient les belles oraisons.  

 

Combien coûte ta vie, mon si beau gendarme ?  

Tu avais peur ici et ne faisais le fier !  

Le roi dans son palais riait de tes alarmes  

Et oublie aujourd’hui, et le plomb et le fer.  

 

 En mémoire du 18 mars 1871.  

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Date de dernière mise à jour : 14/04/2013

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