ERAFLURE

Simplement frôler, d’un doigt ou bien d’un ongle,

Une rayure si fine, presque invisible.

Tu passes et tu t’en vas, un regard qui jongle

Avec des balles dorées dont  je suis la cible.

 

Je ne te connais pas, tu m’as juste éraflé

Comme la plume d’un cygne à l’étang falot,

Comme l’enfant lutin aux belles joues gonflées

Au doigt  voleur glissant sur une glace à l’eau.

 

Voici la blessure d’un ongle promené

Sur le bord de ma joue, auprès de ma nuque.

Il est des instants fugaces à l’âme bien née

Qui nous font regretter de n’être point eunuque.

 

Tu t’en vas déjà au profond d’une gare,

Tu ne laisses près de moi qu’un peu de ce Chanel,

Je rêve encore un peu, et j’érafle l’espoir

D’un trait, d’une envie qui ici m’ensorcellent.

 

Mon cœur est éraflé de nombreux souvenirs

Dansant en nostalgie d’un instant révolu.

J’en oublie les heures et rêve de devenir

Une statue d’albâtre qui se perd aux nues…

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