FLEUR

A la mémoire de toutes les filles des rues, péripatéticiennes du trottoir...

 

Fleur.

 

Toute petite fleur des rues,

Fleur bleue qui fleurit à la nuit,

Fleur blessée vivant à moitié nue

Fleur rouge qui aguiche et sourit.

 

Ce que je lis sous tes pétales

Ce que je vois dans ta corolle,

Le goût salé de la mer d’opale

Qui coule de tes yeux, me désole.

 

Qui t’a planté là, comme une immortelle ?

Comme un pissenlit empli d’amertume ?

Tes racines arrachées, rimmel éternel

Qui coule sur ta joue, lorsque joue la lune.

 

Ton parfum t’enlace et te fait prisonnière

Tu attires la mouche, ou le vieux bourdon

Qui s’ébattra, salace, contre ta guêpière

Et qui s’en ira, sans te dire pardon.

 

Celui qui te butine, qui respire ton cœur

Est un vieux chiendent chiadé qui t’use.

Toi, tu es Fleur, et je rêve de ton bonheur,

De t’emmener là bas, taquiner la muse.

 

Je te regarde de loin, sans oser t’approcher.

Tu croirais des choses. Moi, je n’y crois pas.

Et le soleil se lève, et tu t’en vas, toute fanée.

Il est des prés sans herbe, où tu perds tes pas.

 

Pierre-Jean BARANGER – Août 2012 – Tous droits réservés.

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