informatique et poèmes

Et si l'informatique, support vénéré de nos hystériques délires scripturaux, devenaient, l'espace d'un instant, l'orbe d'un creuset, nécessaire à l'alchimie transubstantatoire, donnant naissance à une jouvence éphémère ?Langue tirée

Quel mystère se cache derrière cet écran ? quand je vois la petite lumière clignoter sur la facade de la tour d'ivoire, où s'abritent de nombreux secrets... l'informatique est le lieu mystérieux des pionners du XXI° siècle. Mais que ce passe-t-il donc dans ces entrailles électriques, qui cliquètent sourdement ? J'imagine de minuscules électrons, s'entassant les uns à côtés des autres, pour stocker et délivrer l'information détenue. Je me rappelle, autrefois, dans l'action de défragmentation, quand s'empilaient et se retiraient d'innombrables carrés bleus, jaunes... C'était le bon temps. Au moins, on comprenait un peu ce qu'était l'informatique : un empilement de "clusters"... maintenant, tout ce monde est devenu invisible, cachant aux yeux de tous les arcanes initiatiques du "double coeur" flirtant avec une "carte graphique"... Où est le nord ? Allez ; il faut raison garder. Nous ne sommes que des utilisateurs, et comme pour nos véhicules où il ne nous viendrait plus à l'idée de faire une simple vidange, ou changer une ampoule de phare, nous n'avons pas à nous mêler de tout ce qui ne nous regarde pas. Que deviendraient les informaticiens, si les utilisateurs devenaient, eux-mêmes, capables de dompter la surprenante petite machine qui pense, mais, surtout, qui calcule ? Chaque fois que j'appuie sur une touche, par exemple le "A", que se passe-t-il, dans le laps de temps où j'enfonce la touche, et le moment où apparaît le "A" à l'écran ? Tout au fond de la machine, un Composant moulé de surface (CMS) va moduler un champ électrique sur la carte mère. Le processeur compare, analyse, déduit et agit. Tout cela en un petit milliardième de seconde (ou presque...) Y a pas à dire : le temps de la plume d'oie sur le tendre vélin ou le surprenant parchemin est bien révolu... Ah! on peut même, composer en caligraphie sur les logiciels d'écriture... Au nom de la Rose... J'ai parfois, envie d'en rire... Mais Dieu ! Que c'est pratique... à condition de ne pas trop penser...

Bon trêve de plaisanterie et de langages abscons ! Juste un trait d'humour pour parler de ...

Ma souris.

Ma souris s'est pendue ce matin.
Je me doutais bien que quelque chose
Ne tournait pas rond. La mollette sans entrain,
Le pointeur sans vigueur, tout semblait morose.

En allumant mon écran j'ai vite reconnu
Son écriture en Gothic (12pts) en gras.
C'était son testament, sa lettre de pendue
Qui, le clavier à se consoler, aidera.

Je savais que la force de l'unité centrale
Etait de rester d'une froide logique.
Mais, voyez-vous, ce petit animal
Avait un cœur de braise, un grand sens de l'éthique.

Elle se sentait déconsidérée devant les raccourcis,
Soutenant pourtant mon regard cathodique
Son ventre de rubis glissait, si doux sur le tapis,
Mais le temps entamait sa destruction méthodique.

J'aurais aimé avoir le temps de te dire tout mon amour
Lorsque ma main te guidait doucement.
J'aurais aimé te dire que pour toujours
Je me souviendrais du galbe de ton dos, tel un amant.

Tu es morte aujourd'hui, pendue au bout du tiroir.
Je regarde gourmand, vers une belle remplaçante.
Ne t'inquiète pas, je n'oublierai jamais les soirs,
Ou de mes doigts, je caressais, léger, mon amante.

PJB

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