la veine

Veine.

J’ me débrouille, il paraît que j’ai de la veine.

J’me balade dans les rues, sur les barricades,

Je gueule aussi fort que les vieux à la peine,

J’n’ai besoin de personne, pour m’sauver d’la noyade.

 

J’suis un gamin des rues, qui vit ici et là.

Je mange quand on me donne, pour un service.

J’ai vraiment d’la chance, d’la veine, d’la baraka,

J’travaille en usine, dans l’bois j’fais des éclisses.

 

Les hommes en noir sont venus, ont tirés sur les gens.

Le roi n’aime pas que l’on fasse critique

Et envoie toute la troupe aux fusils d’argent

Qui brillent au soleil en éclairs pathétiques.

 

Moi, j’suis un vrai gamin des rues noires, j’suis petiot

C’est moi qui passe les messages, comme un vrai !

Un vrai soldat d’la république, avec mon frérot

Celui qui a six ans, bientôt sept, du moins devrait…

 

J’comprends pas ce trou rouge et ce coup de poing.

J’avais de la veine, un truc qui aide bien à vivre.

La balle m’a rencontré au coin de ce jardin

Et j’crois bien que je ne pourrais pas survivre.

 

Ils ont quitté la barricade, pour me chercher.

Ils m’ont ramené ici, on enlevé ma chemise.

Ils disent que je vais vivre, que je verrai l’été

Et mon sourire gagne encore, la mort perd sa mise...

 

Pierre-Jean BARANGER – Février 2013 – Tous droits réservés.

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