la vieille

La vieille.

 

Derrière ta fenêtre, auprès d'un vieux rideau,

Tu regardes sans bruit toute la vie qui passe...

Nul ne te voit, comme sur la mer un radeau

Qui s'embaume de sel, avant qu'il ne trépasse.

 

Parfois tu sors au soir, pour faire quelques courses,

Pour te glisser au monde, comme pour faire semblant,

Pour regarder briller le chariot, la Grande-Ourse

Te dire qu'illuminé, c'est beau le firmament.

 

Tu marches doucement, tu agaces souvent

Tous ces gens que tu vois, qui poussent leur caddie.

Tu écoutes l'hiver, espère le printemps,

Tu te souviens d'hier, tu reconnais la vie.

 

Tu retrouves ta chaise, mets du pain aux oiseaux,

Regardes la pendule, allumes la télé.

Tu écoutes l'histoire, de la mer des roseaux

Bois un bol de tisane, car la tasse est fêlée.

 

Les jours passent en semaine, presque éternellement

Et toi tu attends qui, soulevant le rideau ?

Un ami qui s'égare, un oubli qui nous ment ?

Je souris près de toi, dans tes yeux coule l'eau...

 

Pierre-Jean BARANGER - Septembre 2013 - Tous droits réservés.

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