LE DOMPTEUR

 

Il est là, debout, échevelé, le col déboutonné,

La sueur en ruisseau acide, glisse entre ses épaules.

Il s’écarte, longe les murs, jette un regard étonné

Devant lui. Il n’aurait jamais cru… ce n’est pas drôle.

 

On l’avait prévenu, lorsqu’il était adolescent !

Se risquer dans cette voie, c’était aller au pire !

Il avait souri devant l’avis obsolescent

Et en proie à ses rêves, bâtissait son empire.

 

L’âge sans doute. Cet ennemi lui tourne autour

Le laissant démuni, face au fauve qui regarde.

Sa main est moins agile, il doit faire un détour

Levant les bras, pour reprendre sa garde.

 

Il s’essuie avec un torchon, resté là, au hasard.

Il cherche au désespoir l’arme qui le délivre,

Celle qui pourrait… pourtant il est si tard !

Qui l’aidera ? Peut-être en ouvrant un vieux livre…

 

Il sourit, l’allure fière et certaine,

Il s’approche de la table, enfin sûr de lui.

Le fauve est docile, et sa force sereine.

Il retrouve l’idée. La lumière, sur la page, luit.

 

Car son fauve est un livre en cours d’écriture,

Auquel il s’affronte, depuis de longues heures.

Page après page, les chemins sont peu sûrs

Et égarent l’écrivain. Mais il devient dompteur…

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