les mains dans les poches

 

Poche en papier recyclé
Où j’enfouis mes trésors,
Poche en plastique fatigué
Qui se jette parfois à tort.
...

Du pommier au poirier
Je trouve des fruits pochés
Qui, passant dans de l’eau sucrée,
Pocheront près d’une crème glacée.

Poche trouée par mon couteau,
Poche où s’égare une ficelle,
Je grimpe dans ma vigne, sur le coteau,
Le vent siffle un air qui ensorcelle.

Une poche sur mes cheveux qui se mouillent
Pour me préserver de l’orage.
Il reste dedans des tiges de citrouilles
Qui me font une perruque, en parure volage.

Je me nomme Raboliot, braconnier émérite.
Je mets mes trésors dans une poche accueillante.
Nul n’est poète, s’il s’égare ou hésite
A suivre une route, parsemée et brillante.

Petit-Poucet d’une nouvelle société
Qui mange des fruits de supermarché.
La marâtre argentée m’a abandonnée.
Au cœur des bois, je n’ai plus qu’à marcher.

Marcher et retrouver la route
Qui me mène vers chez moi.
J’ai, dans une poche, un doute,
Qui me demande de rester là.

Mais je ris comme un gamin espiègle
En explosant la poche à grand bruit.
Il n’est plus de doute. Je marche dans le seigle
Et éclate de rire, faisant trembler la nuit.

Pierre-Jean BARANGER – Août 2012 – Tous droits réservés.

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