mon testament, je vous laisse héritiers...

 

Quand au dernier soir la mort enfin me prendra,

 J’aurai, au fond des yeux,  une joie sereine.

 Je ne saurai pas ce qui, ailleurs, m’attendra,

 Quittant ma monture, libérant là les rênes.

   

Je laisserai ici le parfum des remords,

 Des tristesses aux regrets, tels d’étonnants poisons.

 Je garderai, lumière d’un phare près du port,

 Ton sourire, qui jamais ne devint prison.

 

  Lorsqu’une main dispersera mes souvenirs

 Près d’une croix blanche, d’un arbre ou d’un ruisseau,

 Je dessinerai au ciel les bleus d’un partir,

 Courbant au vent du sud les prés et les roseaux.

 

Mon ombre n’oubliera jamais nos dimanches

 Quand tu contemplais avec moi les rouges, au soir.

 Ma main ou le vent, caresses sur tes hanches,

 Te rappelleront à nos secrets, dans le noir.

 

  Je ne saurai pas me briser à la grève,

 Comme une vague bleue, au coin d’une marée.

 L’usure du temps, en démesure s’achève

Quand viendra la barque à la berge, s’amarrer.

   

Je resterai derrière la porte obscure,

 Attendant en espoir que tu renaisses au jour.

 Connais-tu les portes ouvrant à l’aventure ?

 Je te retrouverai, aux accents d’un « toujours »…

 

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Date de dernière mise à jour : 14/02/2012

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