on pourrait presque en rire...mais elle tue...

La Rumeur.

Chut ! Que personne n'en parle, car il paraît…

On m'aurait dit… Depuis le temps, il fallait bien…

Cela va le submerger, comme vagues de marée,

Qui troubleront le sable et l'eau, c'est certain.

 

Pourtant, quand elle marchait dans la rue

Rien n'aurait pu faire croire de tels agissements.

Je vous le dis, il était là, elle est apparue,

Et tout est dit. Jamais la rumeur ne ment.

 

Il n'aurait écouté personne. Moi, je l'ai prévenu !

Toute la ville, le monde entier le regardait !

Il s'est avancé. Je crois bien qu'elle était nue.

L'ombre les a masqués mais son rire paradait.

 

Je ne sais pas vous, mais moi, je crois la rumeur.

Elle a toujours un fond de vérité, c'est certain.

D'autres disent qu'elle ronge, comme tumeur.

Maligne est celle qui s'en échappe, au matin !

 

Je vous l'ai dit. Vous auriez dû me croire !

Je les ai vus se quitter, près du port, des bateaux.

Il paraît que son rire avait l'odeur du désespoir,

Quand il est parti. Son bonheur tombe en lambeaux.

 

Chut ! Que personne n'en parle, car il paraît…

On l'a vue longer l'abord de la grande falaise.

Certains ont crié. Elle n'a pas marqué de temps d'arrêt,

Elle a plongé. Ce n'était pas la peine, juste des fadaises…

 

Voilà. Je voulais vous dire : j'ai fréquenté la rumeur

Qui tourne autour de nous, égare notre pensée.

Elle jubile souvent, s'enfle de nos noires humeurs.

Rien. Elle est restée muette, quand la fille s'est jetée.

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