Quand on a trop de choses à dire, il vaut mieux les écrire...

Mise à jour le 11 février 2011

 

Bon sang ! Je m'inquiète...

Oui, je m'inquiète. Car la vie, ou plutôt la survie d'une espèce, passe toujours par l'inquiétude vigilante qui aide à rester vivant. Et alors, me direz-vous, cela n'est pas nouveau ! Vous aurez raison. Mais je trouve, qu'en ce moment, en transposant cette notion sur notre société, rien n'a jamais été aussi empreint de vérité. Le meilleur exemple qu'il soit pour moi, est celui fourni par le comportement des grandes maisons d'éditions, généralement parisiennes.

Regardez un peu : Nous sommes très nombreux à envoyer nos "tapuscrits" (nouveau mot désignant le résultat du martellement régulier (ou non) de nos doigts sur un clavier d'ordinateur) vers de grands éditeurs, que je ne citerai pas ici. Car nous les connaissons tous. Ou plutôt, nous les connaissions. Car, ces maisons se reproduisent entre elles, oeuvrant dans le cercle qu'elles ont fermé, allant jusqu'à dévorer la progéniture qu'elles engendrent. Et les auteurs qui les alimentent, à quelques rares exceptions près, sont ceux qui ont réussi à se faire connaître, à pénétrer la sphère ovulo-littéraire, comme de petits spermatozoïdes pugnaces. Pour un qui réussit, combien meurent sur le chemin ? Et pourtant, ils portent tous en eux, un patrimoine génétique identique : celui d'être "imaginateur" ou manieur de plume. Ils sont tous, plus ou moins, les vecteurs d'une culture, indispensable pour l'éveil d'une société. Et l'injustice néfaste fait que, le choix ne se porte pas sur eux. Mais pour quelles raisons ?

La meilleure que l'on m'a livrée, est économique. On ne peut pas publier tout le monde ! Alors, exceptés ceux qui sont connus, people ou autres, ce n'est pas simple de plaire. Pas besoin de sortir de l'Ecole Nationale d'Administration, pour déduire cela. C'est du bon sens. Mais alors, si elles sont si fragiles financièrement, pourquoi se rachètent-elles les unes les autres ? Pourquoi ne doit-il en rester qu'une ou presque, ressemblant à d'énormes structures inhumaines, détruisant de facto, un grand nombre de bons écrivains ? Je ne parle pas pour moi, car je doute toujours de la valeur de ma plume, mais pour les nombreux écrits rejetés que je découvre sur les sites web de tous ces auteurs méconnus. Et qui me, qui nous plaisent. Ainsi va l'incroyable majesté de l'indifférence...

Je suis inquiet, car, si la littérature meure, si elle devient banale, si l'Edition rejette à tour de bras, elle va, insidieusement, ne garder que ce qui correspond à une norme qui fait vendre les supports, à un vecteur, inconsciemment restrictif, ne trouvant de valeur que sur le nombre d'euros ou de dollars, potentiellement espéré. Tôt ou tard, elle va en mourir. Mourir dans sa définition, de ce principe que c'est la Pensée qui fait l'Eveil, que c'est l'écrit qui stimule l'imaginaire. Juste une histoire de transmission : l'écrivain génère un potentiel d'imagination chez le lecteur. Il lui ouvre une porte, lui montre un chemin, mais c'est le lecteur qui marche. Tout le contraire de ce que je peux voir, trop souvent, sur mon petit écran, ou dans les salles obscures. On me vend l'image, on me vend la musique, on me vend les situations des personnages, tout ceci pendant une heure ou deux. Mais un livre, c'est l'accès à ma propre capacité à créer mes images, mes situations, générer des sentiments pour les personnages qui évoluent devant moi, au gré des pages. Que choisirons-nous ?

L'effet pervers fait que, pour garder l'aura protectrice du grand éditeur, l'écrivain reçu au sein de la sphère, n'osera déplaire. Il restera, dans le droit fil de son premier écrit, gardant la trame qui l'a fait connaître. Il n'osera pas se libérer. Se libérer d'une structure moribonde, pour des tas de raisons dont les plus flagrantes sont le fallacieux numérique et le désintéressement de nombreux d'entre nos contemporains pour la lecture... Alors quel chemin choisirons-nous ?

La prise de conscience est souvent le fruit d'une douleur. Mais cela vaut mieux, parfois, que de s'effondrer, pénétré de regrets. Cela vaut pour tous, des plus hauts, de ceux qui ont le pouvoir de décider qui sera sauvé, par la force de leurs finances, jusqu'à ceux qui sont les porteurs de cette multitude de talents littéraires, empreints de libertés. Je me répète sans doute, mais que choisirons-nous ?

Je vous souhaite une excellente journée.

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