Et si la récession devenait justification ?


Ce matin, j’ai retrouvé le sourire suite à la lecture d’un excellent article (dont je vous donnerai le support de parution si besoin) parlant d’une maison d’édition : Actes Sud. Il est vrai qu’elle a fait un sacré bout de chemin ! J’ai été séduit d’emblée par Françoise Nyssen, qui dit : « un livre peut toujours sauver quelqu’un, la culture est source de richesse inépuisable, même au plus noir de la crise »… et l’intégralité de l’article parle de l’indéfectible union de travail entre les auteurs et l’éditeur.
Hélas pour moi, cette maison d’édition et tant d’autres ne seront pas de ceux qui daigneront m’éditer. Ou plutôt « pourront ». Car la crise transpire dans toutes les lettres, dans les messages, dans les communications téléphoniques que je reçois pour me signifier un « NON ». Ce n’est pas un problème lié à mon écriture, mais de contexte économique défavorable qui fait que ceux que nous appellerons pudiquement les « inconnus », ne peuvent pas bénéficier du tremplin de l’édition.
En fait, c’est comme pour mettre un satellite en orbite ! Après avoir laissé passer les fenêtres de tir pour diverses raisons, voici que des orages menaçants s’incrustent dans le ciel des plates-formes de lancement. Et les manuscrits moisissent, et les auteurs s’enkystent, s’ils ne dépérissent pas. Mais qu’importe ! Car, comme le dit si justement Françoise Nyssen, les maisons d’éditions parisiennes sont le modèles de celles qui, de province ou d’ailleurs, tirent le monde de l’édition vers le haut. Et si « un livre peut sauver quelqu’un », Je m’interroge toujours sur le sens de cette action salvatrice.
Alors que vaut-il mieux ? Le fait de dire que ces auteurs qui frappent à la porte des « grands » ne sont que des saltimbanques, des moins que rien, des «ankylosés de la plume » ? Ou bien donner comme argument de refus les contingences et les raisons économiques qui, de toute évidence, conduisent les maisons d’édition à des coupes sanglantes ?
Ce que je trouve aujourd’hui désespérant, c’est de savoir que si je réagis, je serai considéré comme un prétentieux, et si je ne dis rien, je serai porteur d’une étiquette de fataliste mou, ne sachant pas défendre ses écrits…Cornélien, vous dites ?
Allez ! La crise ne durera que le temps que la société voudra bien lui donner ! Il est simplement utile de ne pas laisser dépérir la culture, comme dit si bien Françoise Nyssen. Simplement savoir que nombre sont ceux qui n’ont que le droit de lire ce qu’on leur propose, et rien d’autre…
Je vous souhaite une excellente journée

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