Vareuse


J’ai poussé le coffret étalé sur la couette
J’ai ouvert l’armoire au parfum de l’enfance.
Je me suis vu jeunot rêvant de pirouettes,
J’étais insouciant. Juste une histoire de chance.

Emergeant soudain de la forêt des cintres
Est apparue la vareuse bleue de mon père.
Il l’avait jadis dans son atelier pour peindre
Des toiles parlant de falaise, des bleus de la mer.

Je me suis assis sur le lit, mon âme heureuse,
Les yeux perdus dehors, courant sur la lande.
Un reste de peinture émaillait la vareuse,
L’école de mon père n’était pas la Hollande.

Je marche sur les côtes aux granites tourmentés
Le fantôme de mon père est auprès de moi.
Je le vois ici et là, aux plus beaux jours d’été,
Retrouvant en octobre, des rouges en émoi.

J’ai mis la vareuse dans ma propre armoire
Je ne sais trop pourquoi, respirant demain.
Il est des jours qui naissent, quand descend le soir
Et je rêve de peinture, le pinceau à la main.

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